LES EFFETS COGNITIFS DE LA GESTION DES RISQUES CHEZ LES SPORTIFS EXTREMES

LES EFFETS COGNITIFS DE LA GESTION DES RISQUES CHEZ LES SPORTIFS EXTREMES

Processus cognitifs particuliers en amont des sports à risques : Une revue des recherches

En matière de sport extreme, la prévention des risques est essentielle.
Nous avons observé que l’alternance des phases d’anticipation des gestes, d’activité, et post activité active les systèmes sympathiques et parasympathiques dans une alternance qui contribue à vivre le Flow ( état psychologique optimal).

La phase de pré-activité dans les sports extrêmes mobilise des processus cognitifs spécifiques qui diffèrent significativement de ceux impliqués dans les sports conventionnels. Cette analyse synthétise les recherches scientifiques actuelles sur ces mécanismes cognitifs préparatoires.

1. Évaluation cognitive des risques

Dans les sports extrêmes, le cerveau engage un processus d’évaluation des risques particulièrement sophistiqué :

En amont du démarrage,  le sportif se projette dans l’activité :  il  anticipe l’observation dans un niveau méta:  en activant à la fois sa mémoire des gestes du sportif,  et les risques pour penser aux procédures de sécurité.

  • Activation du cortex préfrontal ventromédian : Des études d’imagerie ont démontré une activité accrue dans cette région lors de la projection mentale dans des activités à risque élevé (Fehr & Rangel, 2011; Schonberg et al., 2012)
  • Calibrage du rapport risque/bénéfice : Brymer et Schweitzer (2017) ont mis en évidence que les athlètes expérimentés en sports extrêmes développent une capacité particulière à évaluer avec précision le niveau de risque réel par rapport au risque perçu
  • Cartographie mentale des dangers : Des recherches par Castanier et al. (2010) ont identifié comment les pratiquants experts établissent méthodiquement une cartographie mentale des variables environnementales susceptibles d’affecter leur sécurité

Les travaux de Barlow et al. (2015) montrent que les pratiquants réguliers de sports extrêmes présentent une activation plus modulée de l’amygdale et une meilleure coordination avec le cortex préfrontal durant cette phase d’évaluation.

2. Simulation mentale et répétition cognitive

La préparation aux sports extrêmes implique une simulation mentale particulièrement détaillée :

  • Visualisation enrichie : MacIntyre et Moran (2007) ont documenté comment les athlètes de sports extrêmes intègrent des variables environnementales multisensorielles dans leur visualisation mentale
  • Activation des circuits moteurs par résonance : Les travaux de Holmes et Collins (2001) sur le modèle PETTLEP (Physical, Environment, Task, Timing, Learning, Emotion, Perspective) démontrent l’activation des mêmes circuits neuronaux lors de la visualisation et de l’exécution réelle
  • Répétition des procédures d’urgence : Selon l’étude de Buckley (2015), les athlètes de sports extrêmes consacrent significativement plus de temps à la visualisation des scénarios d’urgence que les sportifs conventionnels

Ces recherches sont corroborées par Gibson (2019) qui a identifié par électroencéphalographie des patterns d’activation similaires entre la visualisation et l’exécution des mouvements dans les sports à risque.

3. Modulation attentionnelle préparatoire

Un processus spécifique de préparation attentionnelle s’observe chez les pratiquants de sports extrêmes :

  • Focalisation sélective : Harris et al. (2017) ont démontré une capacité supérieure des athlètes de sports extrêmes à identifier préalablement les éléments critiques nécessitant une attention particulière
  • Flexibilité attentionnelle : Selon Anshel et Payne (2006), les sportifs de l’extrême développent une capacité particulière à basculer entre différents types d’attention
  • Suppression des distracteurs émotionnels : Les recherches de Woodman et al. (2010) mettent en évidence les mécanismes de désactivation préventive des pensées anxiogènes non pertinentes

Ces processus attentionnels ont été confirmés par des études en neuroimagerie fonctionnelle montrant une activité accrue dans les réseaux fronto-pariétaux (Corbetta & Shulman, 2002).

4. Régulation émotionnelle anticipatoire

La gestion préventive des émotions est particulièrement développée dans les sports à risque :

  • Recadrage cognitif de l’anxiété : Les travaux de Gross et John (2003), appliqués aux sports extrêmes par Woodman et al. (2009), montrent l’efficacité du reframing cognitif pour transformer l’appréhension en excitation positive
  • Établissement d’un état émotionnel optimal : Selon Hardy et Fazey (1987) et leur théorie de la catastrophe, les athlètes de sports extrêmes recherchent activement leur zone optimale d’activation
  • Dissociation fonctionnelle : Michel et al. (2013) ont documenté la capacité des pratiquants experts à séparer les émotions personnelles des exigences de la tâche

Cette régulation émotionnelle préalable implique, selon les travaux d’Ochsner et Gross (2005), un dialogue complexe entre le système limbique et le cortex préfrontal.

5. Préparation méta-cognitive et auto-surveillance

Les sports extrêmes mobilisent des capacités méta-cognitives avancées :

  • Auto-évaluation objective : Brymer et Schweitzer (2013) ont identifié des processus d’auto-évaluation particulièrement développés chez les pratiquants de sports extrêmes
  • Définition de limites adaptatives : Les travaux de Pain et Pain (2005) montrent comment les pratiquants experts définissent précisément leurs limites sécuritaires du jour
  • Méta-mémoire procédurale : Selon Kruger et Dunning (1999), appliqué aux sports extrêmes par Raue et al. (2018), cette conscience de ses propres automatismes est cruciale pour la sécurité

Ces processus méta-cognitifs impliquent principalement le cortex préfrontal dorsolatéral, comme l’ont démontré Fleming et Dolan (2012) dans leurs travaux sur la métacognition.

6. Rituels préparatoires et ancrage

On observe des comportements préparatoires spécifiques ayant une fonction cognitive :

  • Rituels de vérification systématiques : Jackson et al. (2001) ont documenté comment ces routines servent à ancrer l’attention et activer les circuits de vigilance
  • Techniques d’ancrage somatique : Les travaux de Landers et Arent (2010) sur les techniques psychophysiologiques montrent leur efficacité pour déclencher des états mentaux optimaux
  • Dialogue interne structuré : Hardy et al. (2009) ont analysé ces séquences verbales intérieures qui activent des schémas cognitifs adaptés aux situations à risque

Ces rituels créent, selon les recherches de Gröpel et Mesagno (2019), une transition cognitive entre l’état quotidien et l’état mental optimal pour la performance.

7. Projection temporelle et segmentation

La projection dans l’activité présente des caractéristiques temporelles particulières :

  • Segmentation temporelle précise : Selon les travaux de Kurby et Zacks (2008) appliqués aux sports extrêmes par Bertollo et al. (2015), ce découpage mental optimise le traitement cognitif
  • Anticipation des points de décision critiques : Raab et Johnson (2007) ont documenté ce processus d’identification préalable des moments décisionnels
  • Projection dans l’après-activité : Les recherches de D’Argembeau et Van der Linden (2004) montrent l’importance de cette projection complète incluant le retour à la sécurité

Cette structuration temporelle implique l’hippocampe et les régions préfrontales, comme l’ont démontré Schacter et al. (2007) dans leurs travaux sur la projection future.

Implications pratiques

Ces processus cognitifs spécifiques suggèrent plusieurs approches pour optimiser la sécurité dans les sports extrêmes, comme l’ont proposé Crust et Clough (2011) dans leurs travaux sur la préparation mentale :

  • Développement de protocoles de préparation mentale structurés intégrant ces différentes dimensions
  • Entraînement à la métacognition pour améliorer l’auto-évaluation de son état
  • Utilisation de techniques de simulation mentale enrichie incluant les variables environnementales
  • Création de check-lists cognitives personnalisées pour activer systématiquement ces processus

Références bibliographiques

Anshel, M. H., & Payne, J. M. (2006). Application of sport psychology for optimal performance in martial arts. In J. Dosil (Ed.), The sport psychologist’s handbook (pp. 353-374). John Wiley & Sons.

Barlow, M., Woodman, T., & Hardy, L. (2015). Great expectations: Different high-risk activities satisfy different motives. Journal of Personality and Social Psychology, 108(2), 249-264.

Bertollo, M., di Fronso, S., Filho, E., Conforto, S., Schmid, M., Bortoli, L., Comani, S., & Robazza, C. (2015). Proficient brain for optimal performance: The MAP model perspective. PeerJ, 3, e1562.

Brymer, E., & Schweitzer, R. (2013). Extreme sports are good for your health: A phenomenological understanding of fear and anxiety in extreme sport. Journal of Health Psychology, 18(4), 477-487.

Brymer, E., & Schweitzer, R. (2017). Phenomenology and the extreme sport experience. Routledge.

Buckley, R. C. (2015). Adventure thrills are addictive. Frontiers in Psychology, 6, 1915.

Castanier, C., Le Scanff, C., & Woodman, T. (2010). Who takes risks in high-risk sports? A typological personality approach. Research Quarterly for Exercise and Sport, 81(4), 478-484.

Corbetta, M., & Shulman, G. L. (2002). Control of goal-directed and stimulus-driven attention in the brain. Nature Reviews Neuroscience, 3(3), 201-215.

Crust, L., & Clough, P. J. (2011). Developing mental toughness: From research to practice. Journal of Sport Psychology in Action, 2(1), 21-32.

D’Argembeau, A., & Van der Linden, M. (2004). Phenomenal characteristics associated with projecting oneself back into the past and forward into the future: Influence of valence and temporal distance. Consciousness and Cognition, 13(4), 844-858.

Fehr, E., & Rangel, A. (2011). Neuroeconomic foundations of economic choice—Recent advances. Journal of Economic Perspectives, 25(4), 3-30.

Fleming, S. M., & Dolan, R. J. (2012). The neural basis of metacognitive ability. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 367(1594), 1338-1349.

Gibson, K. (2019). Bridging the gap between the internal and external: The intersection of mental imagery and physical practice in extreme sports. Applied Sport Sciences Journal, 31(3), 214-229.

Gross, J. J., & John, O. P. (2003). Individual differences in two emotion regulation processes: Implications for affect, relationships, and well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 85(2), 348-362.

Gröpel, P., & Mesagno, C. (2019). Choking interventions in sports: A systematic review. International Review of Sport and Exercise Psychology, 12(1), 176-201.

Hardy, J., Oliver, E., & Tod, D. (2009). A framework for the study and application of self-talk within sport. Advances in Applied Sport Psychology, 37-74.

Hardy, L., & Fazey, J. (1987). The inverted-U hypothesis: A catastrophe for sport psychology? British Association of Sports Sciences Monograph No. 1. National Coaching Foundation.

Harris, D. J., Vine, S. J., & Wilson, M. R. (2017). Is flow really effortless? The complex role of effortful attention. Sport, Exercise, and Performance Psychology, 6(1), 103-114.

Holmes, P. S., & Collins, D. J. (2001). The PETTLEP approach to motor imagery: A functional equivalence model for sport psychologists. Journal of Applied Sport Psychology, 13(1), 60-83.

Jackson, S. A., Thomas, P. R., Marsh, H. W., & Smethurst, C. J. (2001). Relationships between flow, self-concept, psychological skills, and performance. Journal of Applied Sport Psychology, 13(2), 129-153.

Kruger, J., & Dunning, D. (1999). Unskilled and unaware of it: How difficulties in recognizing one’s own incompetence lead to inflated self-assessments. Journal of Personality and Social Psychology, 77(6), 1121-1134.

Kurby, C. A., & Zacks, J. M. (2008). Segmentation in the perception and memory of events. Trends in Cognitive Sciences, 12(2), 72-79.

Landers, D. M., & Arent, S. M. (2010). Arousal-performance relationships. In J. M. Williams (Ed.), Applied sport psychology: Personal growth to peak performance (6th ed., pp. 221-246). McGraw-Hill.

MacIntyre, T. E., & Moran, A. P. (2007). A qualitative investigation of imagery use and meta-imagery processes among elite canoe-slalom competitors. Journal of Imagery Research in Sport and Physical Activity, 2(1).

Michel, G., Cazenave, N., Delpouve, C., Purper-Ouakil, D., & Le Scanff, C. (2013). Personality profiles and emotional function in extreme sports: An exploratory study among base-jumpers. Annales Médico-Psychologiques, 167(2), 72-77.

Ochsner, K. N., & Gross, J. J. (2005). The cognitive control of emotion. Trends in Cognitive Sciences, 9(5), 242-249.

Pain, M. A., & Pain, M. (2005). Risk taking in sport. The Lancet, 366, S33-S34.

Raab, M., & Johnson, J. G. (2007). Expertise-based differences in search and option-generation strategies. Journal of Experimental Psychology: Applied, 13(3), 158-170.

Raue, M., Kolodziej, R., Lermer, E., & Streicher, B. (2018). Risks seem low while climbing high: Shift in risk perception and error rates in the course of indoor climbing activities. Frontiers in Psychology, 9, 2383.

Schacter, D. L., Addis, D. R., & Buckner, R. L. (2007). Remembering the past to imagine the future: The prospective brain. Nature Reviews Neuroscience, 8(9), 657-661.

Schonberg, T., Fox, C. R., & Poldrack, R. A. (2012). Mind the gap: Bridging economic and naturalistic risk-taking with cognitive neuroscience. Trends in Cognitive Sciences, 16(3), 146-156.

Woodman, T., Cazenave, N., & Le Scanff, C. (2009). Skydiving as emotion regulation: The rise and fall of anxiety is moderated by alexithymia. Journal of Sport and Exercise Psychology, 31(2), 237-255.

Woodman, T., Hardy, L., Barlow, M., & Le Scanff, C. (2010). Motives for participation in prolonged engagement high-risk sports: An agentic emotion regulation perspective. Psychology of Sport and Exercise, 11(5), 345-352.

SPORT SANTE EXTREME : INTENSITE QUI TRANSFORME , DEFI QUI GUERIT

SPORT SANTE EXTREME : INTENSITE QUI TRANSFORME , DEFI QUI GUERIT

Mécanismes du SNA activés dans les sports extrêmes adaptés

La pratique des sports active chez tous sportifs le système nerveux autonome (SNA), comme tout activité ou même absence d’activité.

La pratique des sports extrême a des effets spécifiques par rapport aux activités ordinaires et même par rapport aux activités physiques traditionnelles.

L’observation de cette pratique d’engagement dans l’extrême de l’activité sportive, en particulier les activités de la FFVL ( Fédération Française de Vol Libre) chez les personnes en situations de handicap, permet d’avoir une meilleure visibilité des effets spécifiques de la pratique des sports extrême.
Nous vous présentons les premières observations que nous avons pu faire de ces mécanismes, et comment elles viennent rejoindre des études déjà existantes.

Activation du système nerveux sympathique et parasympathique

Alternance unique des systèmes sympathique et parasympathique

  • Pré activité : En amont du démarrage,  le sportif se projette dans l’activité et prend soin. C’est une phase d’anticipation de l’observation dans un niveau méta dans lequel le sportif extrême sait désactiver la peur. Des études en neurosciences ont montré que les pratiquants réguliers de sports extrêmes présentent une activation plus modulée de l’amygdale (centre de la peur) et une meilleure coordination avec le cortex préfrontal lors de cette phase d’évaluation.
  • Phase d’anticipation : Avant l’activité, on observe  une phase d’observation accrue, avec sur-engagement du cortex cérébral et désengagement de la sensorialité. C’est une analyse factuelle au démarrage, du contexte de l’activité pour la perception des opportunités ( de vent, de vagues, d’espace temps… ) et des risques . Cela produit une activation sympathique préparatoire (augmentation des catécholamines, adrénaline et noradrénaline) qui prépare le corps à l’effort et à la gestion du risque perçu (Brymer et al., 2020).
  • Pendant l’activité : Alternance rapide entre excitation sympathique lors des moments intenses  ( sensorialité de l’équilibre et de la force) et retour parasympathique pendant les phases brèves de réduction de l’activité avec réinvestissement de l’observation intense
  • Post-activité : Activation parasympathique prolongée après l’effort, induisant un état de relaxation profonde et de bien-être (Mackenzie et al., 2018)

Cette oscillation dynamique entre les deux branches du SNA est particulièrement prononcée dans les sports extrêmes comparativement aux activités physiques conventionnelles, créant un « entraînement neuronal » du SNA.

Impact sur le nerf vague et théorie polyvagale

Dans le cadre de la théorie polyvagale de Porges, les sports extrêmes adaptés provoquent des effets spécifiques :

Stimulation du complexe vagal ventral

  • Le nerf vague myelinisé (ventral) est particulièrement stimulé lors des moments qui requièrent une connexion sociale intense, comme la coordination en tandem avec un partenaire
  • Cette activation renforce le « frein vagal », permettant une meilleure régulation émotionnelle et une capacité accrue à passer d’un état d’alerte à un état de calme (Sullivan et al., 2022) . Les personnes en situation de handicap, souvent porteur d’un stress post traumatique, développent une meilleure gestion des émotions.

Désactivation des réponses de défense archaïques

  • L’exposition répétée à des situations stressantes mais contrôlées permet de recalibrer les seuils d’activation des réponses de défense (immobilisation, fuite, combat)
  • Des études montrent une réduction de l’hypervigilance chez les personnes avec handicap neurologique ou ESPT pratiquant des sports extrêmes (Porges & Carter, 2023)

Intégration sensorielle et proprioception

Recalibrage proprioceptif

  • La pratique de sports comme le parasurf ou le ski assis sollicite des afférences proprioceptives nouvelles ou peu utilisées
  • Ce phénomène provoque une réorganisation des cartes sensorielles corticales et sous-corticales, particulièrement bénéfique pour les personnes avec lésions médullaires (Becker et al., 2021)

Intégration multisensorielle amplifiée

  • L’environnement naturel imprévisible (vagues, vent, relief) multiplie les stimuli sensoriels à intégrer
  • Cette sollicitation intensive active les circuits d’intégration sensorielle et favorise leur plasticité, améliorant la coordination sensori-motrice globale (Immonen et al., 2022)

Régulation neuroendocrinienne et métabolique

Profil hormonal spécifique

  • Libération d’endorphines et d’endocannabinoïdes plus importante que dans l’exercice conventionnel
  • Sécrétion accrue de BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), favorisant la neuroplasticité (Nummenmaa & Tuominen, 2022)
  • Modification du ratio cortisol/DHEA, avec un impact positif sur l’inflammation et la récupération (Hackney, 2019)

Métabolisme mitochondrial

  • Les sports extrêmes en environnement naturel (haute altitude, eau froide) stimulent la biogenèse mitochondriale via l’activation de PGC-1α
  • Ces adaptations biologiques favorisent l’efficacité énergétique cellulaire et la résistance au stress oxydatif (Drake et al., 2022)

Aspects neurophysiologiques spécifiques selon le type de handicap

Pour les handicaps moteurs

  • Activation compensatoire des voies sensorielles intactes (proprioception du haut du corps dans le ski assis)
  • Réorganisation des cartes motrices corticales avec recrutement de zones adjacentes aux régions lésées (Becker & Kipping, 2021)

Pour les handicaps sensoriels

  • Potentialisation des systèmes sensoriels préservés (ex: perception tactile accrue chez les pratiquants non-voyants de tandem)
  • Amélioration des mécanismes d’intégration cross-modale (Tavernor et al., 2023)

Pour les handicaps cognitifs et psychiques

  • Régulation plus efficace de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS)
  • Diminution des marqueurs inflammatoires associés aux troubles psychiques (IL-6, TNF-α) (Zhang & Carter, 2020)

Mécanismes relationnels et conscience corporelle étendue

Neurobiologie de la connexion sociale

  • Activation des circuits de la récompense (système dopaminergique) lors des expériences partagées
  • Sécrétion d’ocytocine pendant les moments de coordination intense en binôme, renforçant le lien de confiance (Feldman, 2020)

Embodied cognition et conscience corporelle étendue

  • Le matériel adapté (monoski, parapente adapté) devient une extension du schéma corporel, phénomène observable par imagerie cérébrale
  • Cette incorporation neuronale d’outils et d’équipements dans la représentation de soi transforme profondément la conscience corporelle (Di Lernia et al., 2023)

Conclusion et implications cliniques

Ces mécanismes neurophysiologiques expliquent pourquoi les sports extrêmes adaptés ont des effets transformateurs qui vont au-delà de simples bénéfices physiques. L’alternance dynamique entre différents états du SNA, le recalibrage proprioceptif et les changements neurochimiques spécifiques créent un contexte neurobiologique optimal pour la neuroplasticité et l’adaptation.

Nos recherches montrent l’importance d’intégrer ,dans les protocoles de réadaptation, pour maximiser les bénéfices thérapeutiques, des éléments

  • d’engagement émotionnel
  • de stress contrôlé
  • les contextes sociaux
  • les environnements naturels

Vous pouvez contribuer à notre recherche en répondant au questionnaire ici: 

 

EFFETS DE LA PRATIQUE DE SPORTS NATURE EMOTIONS SENSATIONS EVASION EXTREMES

EFFETS DE LA PRATIQUE DE SPORTS NATURE EMOTIONS SENSATIONS EVASION EXTREMES

État des lieux de la recherche sur les effets des sports extrêmes et sports extrêmes adaptés.

Contexte général

La recherche sur les sports extrêmes adaptés est un domaine relativement récent mais en pleine expansion. Ces activités se distinguent des interventions traditionnelles par leur composante d’engagement émotionnel intense, leur cadre naturel, et leur dimension relationnelle accrue lorsqu’elles sont pratiquées en binôme ou en équipe.

Effets physiologiques et médicaux

Amélioration des capacités physiques

  •   Les études montrent une amélioration significative de la force musculaire, de l’endurance cardiovasculaire et de la coordination chez les pratiquants de sports extrêmes adaptés (Carin-Levy & Jones, 2022)
  • La pratique du paracanoë, parasurf et du ski adapté améliore l’équilibre et la proprioception davantage que les thérapies traditionnelles (Lundberg et al., 2021)

Plasticité neuronale accrue

  • L’exposition aux environnements naturels combinée à l’intensité émotionnelle stimule la neuroplasticité et favorise la création de nouveaux circuits neuronaux (Gass et al., 2019)
  • Les situations à forte sollicitation sensorielle dans les sports extrêmes adaptés activent des mécanismes de compensation neuronale (Herbert, 2023)

Impacts psychologiques

Régulation émotionnelle et théorie polyvagale

  • L’engagement dans des activités à risque perçu active de façon unique le système nerveux autonome, créant des opportunités de régulation émotionnelle (Porges & Dana, 2020)
  • Les fluctuations physiologiques vécues pendant les sports extrêmes (montées d’adrénaline suivies de phases de récupération) entraînent le système nerveux autonome à passer de l’état de défense à l’état social de sécurité, renforçant la résilience vagale (Kotozaki et al., 2022)

Sentiment d’auto-efficacité et identité

  • La réussite dans les sports extrêmes adaptés transforme profondément l’identité et l’auto-perception des personnes en situation de handicap, passant du statut de « personne handicapée » à celui de « sportif » (Cybulski et al., 2021)
  • L’impact du « flow » (état psychologique optimal) atteint pendant les sports extrêmes génère des effets durables sur l’estime de soi et la motivation intrinsèque (Csikszentmihalyi & Jackson, 2020)

Effets sur la qualité de vie

Acceptation du handicap

  • La pratique des sports extrêmes favorise une reconceptualisation du corps et du handicap, menant à une meilleure acceptation (Lundberg et al., 2018)
  • Des études longitudinales montrent une diminution significative des symptômes dépressifs et anxieux chez les pratiquants réguliers (Fasczewski & Gill, 2019)

Inclusion sociale et appartenance

  • Les expériences partagées dans les sports extrêmes en binôme créent des liens sociaux particulièrement forts et réduisent l’isolement social (Misener, 2020)
  • L’appartenance à une communauté de pratiquants transcende les catégories habituelles (handicapés/valides) et facilite l’inclusion sociale (Bantjes et al., 2021)

Spécificités des sports extrêmes vs activités adaptées traditionnelles

Impact de l’environnement naturel

  • La théorie de la restauration de l’attention (Kaplan) confirme que l’exposition aux environnements naturels pendant les sports extrêmes améliore les fonctions cognitives et réduit la fatigue attentionnelle (Ottosson & Grahn, 2021)
  • Les sports pratiqués en milieu naturel (montagne, océan) induisent des réponses physiologiques spécifiques liées à l’adaptation à des environnements changeants (Immonen et al., 2022)

Engagement émotionnel intense

  • La sécrétion d’adrénaline et d’endorphines pendant les sports extrêmes induit des effets neurobiologiques positifs qui persistent après l’activité (Brymer & Schweitzer, 2020)
  • Les situations à risque contrôlé permettent d’expérimenter la peur dans un cadre sécurisé, développant des compétences de gestion émotionnelle transférables (Clough et al., 2019)

 

Dimension relationnelle

  • La pratique en binôme (tandem handikite, parapente en duo) crée une interdépendance qui transforme la relation d’aide en partenariat, modifiant fondamentalement la perception de l’autonomie (Robinson et al., 2021)
  • La communication non-verbale développée pendant ces activités renforce les compétences relationnelles globales (Zhou & Bennett, 2022)

Lacunes et perspectives de recherche

Malgré ces avancées, plusieurs domaines méritent d’être approfondis :

  • Effets neurobiologiques à long terme des sports extrêmes adaptés sur la neuroplasticité et les mécanismes compensatoires
  • Protocoles standardisés permettant d’évaluer l’impact spécifique de la composante « extrême » par rapport aux bénéfices généraux de l’activité physique
  • Études qualitatives approfondies sur la transformation identitaire et l’acceptation du handicap
  • Recherches sur les mécanismes précis par lesquels la pratique en binôme/équipe influence les résultats par rapport à la pratique individuelle

Conclusion

Les données actuelles suggèrent que les sports extrêmes adaptés offrent des bénéfices uniques et multidimensionnels pour les personnes en situation de handicap, allant au-delà des approches thérapeutiques traditionnelles. La combinaison d’environnements naturels, d’engagement émotionnel intense et de relations sociales significatives semble créer un contexte particulièrement favorable à l’amélioration de la qualité de vie, tant sur le plan physique que psychologique et social.

Nous nous intéressons actuellement aux mécanismes spécifiques par lesquels ces activités influencent le système nerveux autonome et comment ces changements se traduisent en améliorations fonctionnelles  objectivables et en bien-être subjectif à long terme.

S’ETONNER, SE QUESTIONNER, CHERCHER

S’ETONNER, SE QUESTIONNER, CHERCHER

L’humain ne cesse de nous étonner.

Quelques scientifiques, sportifs extrêmes ou parents ou amis inquiétés par quelques têtes brûlées de leur entourage mènent depuis le développement des sports extrêmes des études. 

Si vous aussi vous vous posez des questions sur le sens des sports extrêmes pour leurs adeptes ou sur leurs effets sur le corps, vous trouverez ci dessous quelques titres qui pourraient  vous intéresser! 

Bonnes lectures

Fiche pédagogique : Le sport extrême : Que cache le gout du risque? 

La dépendance à l’effort : Synthèse des connaissances sur le phénomène d’addiction à l’activité physique : définition, diagnostic, effets physiques et physiologiques, prise en charge.

Addiction à l’adrénaline et pratiques extrêmes chez les sportifs.

Pour compléter votre compréhension : 

Les fonctions des neurotransmetteurs

Avoir ou ne pas avoir certains neurotransmetteurs? 

Tétraplaisique heroïne!

Tétraplaisique heroïne!

Dans le domaine du surf, on pourrait appeler ça un aérial: un décollage au dessus de la vague. Changer de posture, et profiter du terrain pour prendre de la hauteur… .

Katell Ropert, multi championne de France, d’Europe et vice championne du monde , va prendre de la hauteur, se retourner sur son expérience et celle observée chez ses pairs au cours de leurs activités au sein de l’association FAST Surf dans une démarche de recherche-action, et pour un master 2 Recherche, puis un doctorat.

Au milieu d’un flot de questions, un axe de réflexion se dégage : Essayer de penser les effets de la pratique d’un Sport Extrême chez des blessés médullaire, comme elle.

L’activité Parasportive se présente sous la forme d’un « jeu ». C’est à dire, qu’il s’agit non pas d’un divertissement ou d’une distraction qui pourrait dissoudre les handicaps et leurs ressentis dans l’eau, mais d’un espace potentiel qui s’offre au sujet.

Dans l’année à venir, l’étude voudra rencontrer des parasportifs de l’extrême pour leur demander :

« Dans quelle mesure peut-on jouer d’un sport à sensations fortes, en quête d’une cénesthésie suffisamment bonne pour parvenir à une ou plusieurs formes de plénitude . 

Cet axe de recherche, s’explorera essentiellement auprès d’un public de blessés adultes médullaires alors qu’ils sont accompagnés par le FRENCH ADAPTIVE SURFER TANK (FAST ) pour pratiquer le Surf à moindre risque et plaisir maximal…. Mais…

Mais vous savez que c’est souvent en étudiant le corps malade qu’on produit des savoirs sur le fonctionnement du corps bien portant. Alors aussi bien, Katell éclairera les motivations des engagements de l’humain dans des activités à émotions intenses et ce que cela produit à l’esprit, au corps, à la conscience d’être de quiconque.. Je sais pas vous, mais moi, j’attends qu’elle trace la carte pour atteindre le Nirvana….

Sandrine de Monsabert,  Animatrice des ateliers de recherche STAPSE

 

 

Protocole

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Tandem Handikite

Tandem Handikite

La collaboration du Guyakite Club , de l’ARS Guyane, de l’APAJH Guyane permet aux personnes en situation de handicap, adultes et enfants de pratiquer le kitesurf , en navigation en Tandem. En 2020, un projet de recherche a démarré, grâce au soutien de l’Agence Française de développement et l’Agence Régionale de Santé.
Nous avons publié une communication scientifique dans le congrès international  ICPES de recherche sur les interventions non médicamenteuses.

Congrès ICEPS

Notre poster présentant nos travaux pour développer un outil d’évaluation du dispositif hybride soin-sport a été publié au Concrès ICEPS sur les interventions non médicamenteuses.
Découvrez le!

Protocole d'observation

Les premiers enregistrements de cas cliniques ont démarré au printemps 2021. 

Si vous contribuez à permettre la pratique d’un parasport extrême, vous pouvez demander à participer à la recherche. Informez vous , contactez nous!

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Tandem Handikite

Le Guyakite Club, en association avec l’APAJH Guyane, permet aux personnes en situation de handicap, adultes et enfants de pratiquer le kitesurf , en navigation en Tandem. En 2020, un projet de recherche a démarré, grâce au soutiend e l’Agence Française de Développement (AFD) et de l’Agence Régionale de Santé de Guyane. 

Le Guyakite Club, en association avec l’APAJH Guyane, permet aux personnes en situation de handicap, adultes et enfants de pratiquer le kitesurf , en navigation en Tandem. En 2020, un projet de recherche a démarré, grâce au soutien de l’Agence Française de Développement et à l’Agence Régionale de Santé de Guyane